Quand le huard sortira-t-il de la fourchette de 9 mois ? cinq choses à voir

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Le huard a terminé la semaine en force, l’USD/CAD tombant à 1,2600 à la clôture de vendredi, contre un sommet de 1,2870 mardi. C’est très proche du plus bas de 7 semaines de 1,2587 établi plus tôt dans le mois.

Pendant des mois, le dollar canadien a été pris dans une lutte acharnée en raison de la hausse des prix des produits de base, de la diminution de l’appétit pour le risque et de la hausse générale du dollar américain. Le huard se situe maintenant presque au milieu de la fourchette qu’il s’est taillée au cours des neuf derniers mois, mais les facteurs s’apprêtent à faire une pause; avec une grosse mise en garde.

USDCAD Analyse du dollar canadien 18 mars 2022 Graphique

Cinq choses que je vois :

1) Prix du pétrole et évolution de la dynamique

La force du dollar canadien en milieu de semaine est révélatrice. Cela s’est produit alors même que les prix du pétrole sont passés de 109 $ à 94,00 $. Le pétrole brut a ensuite rebondi à 105 $, mais il était difficile de voir une corrélation entre le pétrole brut et le huard, ce qui a été un moteur décisif pour le CAD pendant des décennies.

En fin de compte, cette connexion sera rétablie. Le prix du pétrole continuera d’être un facteur clé des termes de l’échange du Canada, mais dans l’ensemble, le capital-investissement est davantage un moteur du dollar canadien. Le marché intègre également les fluctuations à court terme des prix du pétrole, les marchés des matières premières envisageant une situation harmonieuse en Ukraine.

Une fois la poussière retombée, ce qui sera plus important pour le huard, ce sont les perspectives d’investissement pour le pétrole et le gaz canadiens. Je pense que la guerre a changé les règles du jeu pour le pétrole et le gaz canadiens ainsi que sa licence sociale. Les décideurs du monde entier comprennent l’importance d’un approvisionnement sûr de la part des alliés. Je pense qu’une partie de l’optimisme concernant une transition énergétique rapide s’estompe également. On se rend de plus en plus compte que nous aurons encore besoin de grandes quantités de pétrocarbures pour les décennies à venir et qu’il est préférable qu’ils proviennent d’un endroit comme le Canada. Je pense que c’est particulièrement vrai avec le gaz naturel et cela pourrait raviver l’intérêt pour les projets de GNL de la côte ouest.

Et pour un renouveau de Keystone XL ? Ce navire a navigué, mais il pourrait s’avérer être une épine récurrente dans le dos des démocrates et c’est quelque chose qui pourrait changer la conversation à long terme sur le pétrole canadien aux États-Unis.

2) Captage du carbone

L’instabilité géopolitique sera un avantage à long terme pour le dollar canadien si elle peut le stimuler, mais à court terme, méfiez-vous du plan d’émissions de Trudeau. Il a été promis de sortir cette semaine ou au début de la semaine prochaine avec le budget. Le succès du Canada en matière de captage du carbone est passé largement inaperçu, mais il s’agit d’une industrie gigantesque et les compagnies pétrolières canadiennes sont impliquées.

« S’attaquer au méthane est un très bon moyen de réduire rapidement les émissions, et il y a beaucoup de technologies disponibles », a déclaré récemment le ministre de l’Environnement, Steven Guilbeault.

L’industrie et le gouvernement ont fait un travail terrible pour le vendre, mais le Canada, dirigé par ses sociétés pétrolières et gazières, a la possibilité de développer une technologie de capture du carbone qui peut être déployée à l’échelle mondiale et, en fin de compte, réduire plus d’émissions que chaque tonne de carbone produite par le Canada.

Je pense qu’il y a un boom des investissements dans la séquestration du carbone à venir et la façon dont les gouvernements joueront maintenant décidera quels pays gagneront. En fin de compte, ce sera une industrie d’un billion de dollars. Le moment de ce boom est difficile, mais le budget et les investissements dans la capture du carbone favoriseront cette licence sociale dont le pétrole et le gaz canadiens ont besoin en ce moment pour attirer davantage d’investissements dans l’espace.

3) Autres produits

Tout comme le pétrole, il y a une transition quand on pense à la transition verte. Il y a quelques années, l’idée était que chacun achèterait un véhicule électrique, construirait des éoliennes et le monde serait sauvé. Il y a eu un calcul de tous les matériaux qui seront nécessaires. La quantité de métaux nécessaires est importante et le Canada est l’un des grands pays miniers. Le Canada possède de l’uranium et l’énergie nucléaire revient à la mode.

Au-delà, les matières premières en général sont de retour. Avec la défaite de la technologie, les gens cherchent à investir dans ce qui fonctionne, c’est-à-dire les matières premières et c’est le Canada.

4) Guerre en Ukraine

La guerre a aggravé et mis en évidence des tendances déjà en cours. La Russie vend une grande partie de la même gamme de produits de base que le Canada, de sorte que bon nombre de ces dollars d’investissement quittant la Russie finiront par se retrouver en dollars canadiens.

Il touche presque tout. J’ai mis l’accent sur l’énergie et l’exploitation minière, mais la reprise des céréales et du bois d’œuvre est également de bon augure pour les termes de l’échange du Canada. Le bois est laissé pour mort depuis des décennies, mais la demande de maisons aux États-Unis ne va pas diminuer de manière significative avant des années.

Bardeau

À court terme, ce qui a retenu le fou a été la volatilité et la peur entourant la guerre. C’est normal, mais ce qui est aussi normal, c’est que le marché assume très vite les risques. Le choc initial de la guerre s’estompe et certaines lignes ont été tracées autour de l’énergie et des ingérences étrangères que le marché comprend désormais largement. Cela peut être décomposé en un seul titre, mais le marché s’habitue rapidement aux risques et nous les avons déjà vus commencer à se manifester avec le dernier rallye du dollar canadien.

5) COVID-19

L’émergence du covid est un merveilleux vent arrière pour l’économie nationale et mondiale. Le Canada a adopté une approche plus prudente que presque partout ailleurs, mais les mandats de masque de l’Ontario se terminent lundi et je suis relativement certain que les verrouillages généralisés ne reviendront pas. Avec l’amélioration du temps et les consommateurs satisfaits des mesures de relance et de l’argent pour le logement, le consommateur canadien va être surpris. Je pense que cela poussera finalement la Banque du Canada à un rythme de hausses inconfortablement rapide, à partir de 50 points de base le 13 avril. C’est un vent arrière pour le dollar canadien.

Le risque de covid reste la Chine. Un bond à 5 000 cas quotidiens la semaine dernière, combiné à des mesures de verrouillage à Shenzhen et à Shanghai, a effrayé les marchés mondiaux et dévasté les marchés chinois.

Une partie de cela a été annulée plus tard dans la semaine lorsque la Chine a proposé des mesures de relance et a déclaré que cela permettrait aux entreprises de contourner plus facilement les restrictions. Ce que je crains, c’est que ce soit une épée à double tranchant. L’assouplissement des restrictions est bon pour le moment, mais si la Chine baisse un instant sa garde contre l’omicron, cela pourrait rapidement se transformer en une situation semblable à celle de Hong Kong où les cas font rage.

La mise en garde : le logement

Les Canadiens regardent le marché immobilier comme si c’était une soirée de hockey au Canada.

Ce n’est qu’au cours des dernières semaines, lorsque les taux ont augmenté rapidement, qu’il y a eu un changement. Les maisons qui se vendaient du jour au lendemain prennent une semaine ou deux. Certaines statistiques sur le marché immobilier canadien me rappellent le Japon en 1988, lorsque le terrain autour du palais impérial valait plus que tout l’immobilier en Californie.

Nous ne sommes pas à ce niveau fou mais en 2021, les investissements dans l’immobilier ont dépassé tous les investissements des entreprises dans le pays. L’augmentation de la valeur des maisons a dépassé tous les salaires combinés au Canada. Les maisons rapportaient plus d’argent que les gens.

La fête est finie. C’est une vrille parabolique classique après une longue ascension. Avec des taux à la hausse, la manie touche à sa fin. Lorsque le gouverneur de la BOC, Tiff Macklem, augmentera les taux de 50 points de base en avril, ce sera la fin officieuse, mais cela viendra quand même.

La question est de savoir s’il s’agit d’un atterrissage dur ou d’un atterrissage en douceur. Les 20 derniers % de la montée n’étaient que de la mousse, je pouvais donc la voir s’évaporer. Quand la marée se retirera, nous saurons qui nage nu. Il faut espérer que le système financier a encadré un risque aussi évident, mais les effets de richesse de second tour sont impossibles à éviter. J’ai lu les rapports selon lesquels les consommateurs l’accepteront, mais je m’attendrais à une période anxieuse de 3 à 9 mois qui détienne une décote par rapport au dollar canadien, au moins jusqu’à ce que le logement touche le fond.

Le scénario d’atterrissage en douceur impliquerait un aplatissement des prix. Le meilleur argument en faveur de cela est que les Canadiens sont largement prudents sur le plan financier et relativement satisfaits à la sortie de la pandémie. En plus de cela, nous avons 500 000 immigrants qui arrivent au pays chaque année et il n’y a pas assez de logements pour tout le monde. Il est difficile de faire baisser les prix lorsque la demande dépasse l’offre.

Nous allons juste devoir voir comment cela se passe.



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